Biographie

Marie Blanche Françoise Emilie Gillain est née à Rocourt (près de Liège), le 18 juin 1975. Passionnée d’art depuis toujours, ses jeux d’enfant consistent déjà à monter des minis spectacles pour sa famille avec sa sœur Céline. En 1982, elle se laisse d’ailleurs impressionner par le film de Steven Spielberg, E.T. l'extraterrestre, qui lui donnera ses premières envies de cinéma. Pas étonnant donc que sa maman, auteur de contes pour enfant s’inspire de ses deux filles pour alimenter ses histoires. Et c’est dans ce monde féerique que la petite Marie s’imagine un jour qu’un simple souhait finira par lui donner les moyens de devenir comédienne. ["Je n'attends rien de rien, je crois que les choses se passent ou ne se passent pas : On a tous au-dessus de nous une petite étoile liée à la chance, et il faut savoir l'attraper au vol !"]

Elle s’amuse alors à jouer les majorettes avant de se lancer dans les cours de danse classique… ["Là où j’habitais, en Belgique, il n’ y avait ni cours de théâtre, ni cinéma. Il a bien fallu faire avec."]

Tout en suivant ses études secondaires au Collège Saint-Louis de Liège, c’est finalement un atelier d’expression théâtrale pour adolescent, "Le Vivier", qui lui donnera l’occasion de concrétiser son amour pour le métier d’actrice. Jusqu’à ce qu’elle décide à quatorze ans de s’attaquer au casting du film que prépare Jean-Jacques Annaud, L'amant . Mais le réalisateur la jugeant trop jeune pour interpréter les scènes érotiques du film, lui préfèrera finalement Jane March.

Ce qui n’empêchera pas la directrice de casting, Françoise Menidrey, d’aguiller rapidement Marie vers un autre rôle, la jeune Véro de Mon père ce héros. Et c’est accompagnée de son père Philippe, qu’elle retourne à Paris passer des essais vidéos concluants avec Gérard Depardieu.

Un premier rôle qui lui vaudra même une nomination en tant que meilleur espoir féminin aux Césars.

["Quand vous débutez, on vous fait poireauter des heures en faisant passer les stars devant vous. Vous balbutiez un texte, puis on vous demande d'être sexy. Mais juchée sur des talons hauts, vous vous sentez bien ridicule et on vous vire !"]

S’en suivra son apparition sur petit écran en 93, dans le téléfilm de Jacques Doillon, Un homme à la mer.

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Dès lors, Marie est acclamée par la profession, ce qui lui vaut de tourner dans le très beau film de Marian Handwerker, intitulé le plus simplement du monde d’après le prénom de son personnage, Marie.

C’est alors que Bertrand Tavernier lui demande de s’emparer du rôle de L'appât, sorte de vilaine ingénue, dépeinte d’un fait divers des années 80. Une fois encore la reconnaissance est unanime, seconde nomination aux césars, toujours comme meilleur espoir et surtout, le prix Romy Schneider qui la couronne de son auréole bienveillante pour le reste de sa carrière. ["L’appât, pour moi c’est un souvenir marquant. C’est la première fois que l’on me proposait un vrai rôle et une vraie responsabilité d’actrice. Jusque là, j’avais 16-18 ans, je faisais ça passionnément mais je n’avais pas de recul. Bertrand Tavernier m’a offert la possibilité d’un vrai travail d’actrice, un vrai rôle de composition. Des rôles comme cela marquent le parcours d’une comédienne. Après il est difficile de trouver des rôles équivalents."]

A ce moment, le monde entier a les yeux rivés sur cette jeune francophone et Quentin Tarantino la fait auditionner pour cet énorme succès que sera Pulp Fiction. Mais Marie elle-même gardera un assez mauvais souvenir de cette expérience et le rôle de Fabienne sera finalement tenu par Maria de Medeiros.

Une belle opportunité pour passer sur le dernier support chéri par les acteurs, les planches. Marie s’offre ainsi le rôle d'Anne Frank, et au fil des représentations (en France et en Belgique), elle avoue acquérir la maturité de son métier. ["Répéter cent cinquante fois le même texte peut finir par devenir rasant. Pourtant, chaque représentation vous apporte quelque chose de neuf. On n'est pas comédienne si on ne recherche pas ce petit plus qui fait avancer."]

Puis Marie part pour la Toscane avec Jean-Hugues Anglade et Isabelle Huppert, pour jouer l’Ottilia du roman de Johann Wolfgang Goethe, Les affinités électives, adapté par les frères Taviani. Un rôle tout de même joué en français mais pour lequel sa jolie voix (ainsi que celle de ses partenaires) sera malheureusement effacée par une doublure voix italienne.

Vient alors un tournage du haut des cimes, Un air si pur... comédie grinçante d’Yves Angelo, dans lequel elle rencontre un partenaire qui deviendra récurrent, Fabrice Luchini (le méchant Gonzague puis Barnie)…

Mais Marie veut aussi se consacrer à d’autres aspirations. Se sentant, entre autre la fibre narratrice, elle participe en effet à une série de lectures-concerts destinée à faire connaître la musique classique aux plus jeunes. Elle-même élevée dans cette atmosphère de récits, Marie lit ces quelques contes musicaux tels que "Pierre et le loup", "Casse Noisette", "L’apprenti sorcier"…

Philippe de Broca la choisit alors pour incarner une Aurore de Nevers moderne dans son adaptation du Bossu. Elle surprend d’ailleurs le réalisateur par son habileté au maniement de l’épée… ses anciens cours d’acrobaties à l'école du cirque aidant du même coup pour les scènes chorégraphiées et de cascades.

Et la voici de retour en 98 dans une production italienne (re-doublée), Le fameux Dîner d’Ettore Scola, une comédie de verbe et de situation emmenée par la matronne du restaurant, Fanny Ardant.

Or cette même année, c’est un nouvel exploitant qui la réclame, puisque Lancôme en fait l’une de ses muses…

(suite à venir)